Clôture Jazz à Ouaga : « Ça va être du lourd », prévient le programmateur du festival


Ce soir, c’est la clôture du Festival Jazz à Ouaga. Après une semaine de programmation artistique bien choisie, le responsable de la programmation du festival, Anselme Sawadogo, a bien voulu se prononcer à travers cet entretien que nous vous proposons. Ce qu’il faut retenir, c’est que les prestations de ce soir, « ça va être du lourd ».

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis Anselme Sawadogo, membre de la coordination du festival Jazz à Ouaga, notamment le programmateur. Je suis celui qui reçois les demandes de programmation sur le plan national comme international. Les gens envoient des CD, des liens internet, des vidéos. Je suis chargé de les visionner et de choisir les artistes qui vont passer.

Est-ce aussi vous qui décidez des jours et ordres de passage de ces artistes ?

Oui, mais bien-sûr en concertation avec les autres membres du bureau. Mais il faut noter que le choix des jours est fortement tributaire des plans de vol. Il y a donc tout un travail de croisement de dates et de plans de vols ; c’est un peu compliqué mais on y arrive toujours. Par exemple, les Suisses qui ont joué hier soir étaient programmés à la base pour le mardi. Mais ils ont eu un problème d’avion et on a dû réaménager le programme pour qu’ils puissent jouer hier. Cheik Tidiane Seck aussi, on avait voulu l’avoir pour l’ouverture, mais il n’était disponible qu’à partir d’aujourd’hui. Rien qu’hier même, il était à Dakar. Sur le programme de base également, c’est Vieux Farka Touré qui devait faire l’ouverture. Mais il n’était disponible qu’entre le 28 avril et le 1er mai. Donc il fallait absolument le faire jouer le 29 ou le 30, alors que le 29, la salle était occupée. Finalement on l’a programmé pour le 30 et heureusement, le public a été nombreux.

Mais sinon quels artistes auriez-vous réellement voulus pour la clôture ce soir ?

Cheik Tidiane Seck, c’est déjà très bien. C’est l’une des têtes d’affiche de ce festival. Donc pour nous, c’est très intéressant.

Y a-t-il des artistes absents que vous auriez pourtant voulu avoir ?

Oui, il y en a beaucoup. Il y a Richard Bona par exemple, qui était excessivement cher pour nous. Il y en a d’autres aussi qui avaient des contraintes de temps. Il y a un bon nombre d’artistes qu’on avait dans le viseur mais qu’on n’a pas eus pour une raison ou une autre. Je vous fais une confidence : sur un travail d’une année, c’est à un ou deux mois du festival qu’on a la liste définitive des artistes.

Les artistes tels que programmés vous ont-ils satisfaits à la hauteur de vos attentes ?

C’est vrai qu’il y a eu des éditions où j’ai été déçu par rapport à mes attentes. Mais à cette 26e édition, jusque-là, tous les concerts que j’ai vus m’ont donné entière satisfaction et étaient vraiment de haute qualité. Je ne suis pas du tout déçu.

Pour la clôture de ce soir, le public doit-il s’attendre à un show tout aussi à la hauteur ?

Oui, absolument ! Pour ceux qui connaissent les artistes programmés, ils savent à quoi s’attendre. Shola Adisa Farrar est une grande artiste qui vit aux Etats-Unis et qui fait dans le style Billy Holliday, Whitney Houston. Déjà, elle a donné un petit showcase à l’ambassade des USA et c’était vraiment super.

Quant à Cheick Tidiane Seck, je le considère comme l’un des plus grands claviéristes au monde. Il a joué avec Salif Kéita, Amadou et Mariam, etc. Aujourd’hui, il est sur la scène du jazz et de l’afro-jazz en général. Il a joué avec tout le monde et donne des cours à Los Angeles, New York et dans des grandes écoles de musique ; c’est un professeur de conservatoire. C’est un monument de la musique africaine et enfin et surtout, c’est un homme qui adore son métier.  Donc ce soir, ça va être du lourd.

Un dernier mot ?

Je tiens à dire merci au public burkinabè. Cette année, ce fut difficile. Les autres éditions se passaient à l’institut français, mais pour la présente, il n’est pas disponible. Il a fallu donc trouver d’autres lieux, ce qui veut dire de nouveaux défis logistiques et techniques. Mais malgré tout, les concerts ont été extraordinaires et surtout, le public a répondu présent. Je salue donc ce public pour sa fidélité à notre festival. Et le village Jazz de la bonne humeur aussi reçoit des milliers de personnes. Nous sommes heureux de voir que beaucoup de gens partagent notre passion. C’est très réconfortant.