Jazz à Ouaga : Quand un Samo fait bouger des Mossis


Le Festival Jazz à Ouaga tire petit à petit vers sa fin. Hier jeudi 03 mai, on avait au programme le groupe suédois Identitet et le Burkinabè Simon Winsey. Bien que ce dernier soit un Samo, il a réussi l’étonnante prouesse de faire bouger ses maîtres les Mossis qui l’ont même ovationné à plusieurs reprises. Découvrez l’aventure musicale d’un Samo…

Le groupe suédois Identitet, avec sa lead vocale au milieu

Identitet a été le premier à monter sur scène. Constitué de Ima Baeza Bilgin au piano, Vincent Hagström à la guitare et Alexandra Shabo, la lead vocale, ce groupe a su trouver sa place dans le cœur du public. Ils ont fait voyager leurs auditeurs jusqu’en Suède, à travers des chansons qui décrivent le pays. Froid ou forêt ont été entre autres des titres que le groupe a joués « parce qu’en Suède, il y a beaucoup de forêts et il fait aussi très froid », dira Ima Baeza Bilgin qui se débrouille en Français. Le reste ne parle qu’en Anglais. Mais la musique ne connaissant pas de barrière car un langage international. Ainsi, la délicieuse voix d’Alexandra Shabo, accompagnée des instruments de ses amis, a su faire voyager son public dans son univers. Leur style, du jazz en mode soft : de quoi faire rêver le public.

Simon Winsey réveille le public !

                      Simon Winsey, jouant en maître

L’artiste burkinabè Simon Winsey, d’ethnie samo, est venu changer la cadence. Né dans une famille de griots, cet Homme a d’abord brisé la glace en s’en prenant amicalement à ses parents à plaisanterie (les Mossis). Ces derniers, nombreux dans le public, réagissaient à ses piques. La bonne humeur était au rendez-vous. Simon Winsey a ensuite fait montre de l’étendue de ses talents irréfutables. Même s’il est Samo, il faut reconnaître qu’il est vraiment talentueux. Les Mossis l’ont d’ailleurs confirmé du haut des gradins : « Tu es bon, le Samo ! ». D’autres encore lui criaient qu’il est devenu Mossi à partir de maintenant, tellement c’est étonnant de voir un Samo avec tant de talents. Et c’est peu de le dire : cet homme jouait 4 instruments à lui seul. Il les alternait, en fonction de l’émotion qu’il voulait transmettre à son public, totalement subjugué. Comme si ce n’était pas assez, il était accompagné d’un guitariste, un pianiste, un batteur et une saxophoniste danoise. De quoi mettre une ambiancer de fou dans le public. Simon Winsey a même réussi la prouesse de faire chanter le public avec lui, bien qu’il soit majoritairement composé de Mossis.

               La saxophoniste et le bassiste de Winsey

Ceux-ci ont même ovationné le chanteur à plusieurs reprises sans même qu’il ne le demande. Mais il n’est pas seulement venu pour amuser la galerie. Il bien voulu se rendre utile par ses chansons interpellatrices. Dans un morceau, il faisait prendre conscience qu’on a toujours besoin de quelqu’un d’autre, même plus petit que soi. Dans un autre titre, il déplore le comportement de ceux qui, à longueur de journées, dénigrent les autres au lieu d’entreprendre des actions constructives. Ensuite, il a partagé une histoire d’amour qu’il a mal vécue. Il a beaucoup chanté en langues, mais le langage de la musique étant international, l’émotion est passée. En outre, Simon Winsey a apprécié la parenté à plaisanterie et exhorté ses compatriotes à garder jalousement cet héritage culturel important à ses yeux. Pour finir, Simon Winsey a invité son frère célèbre aussi, Tim Winsey à venir l’accompagner sur scène. Le duo a émerveillé le public qui a apprécié de voir les frères réunis sur scène.

              La ravissante Wendy, sur scène avec Winsey

Mais ce n’est pas tout. Une artiste surprise, à la voix suave, est venue séduire le public. Il s’agit de la diva de la musique burkinabè, Wendy. Resplendissante sur la scène, comme un soleil dans la nuit, elle est venue ajouter à la soirée les couleurs qu’elle méritait.