Jazzman du jour: Boubacar Traoré dit Kar Kar, un crooner des indépendances africaines à Jazz à Ouaga


Son histoire est sans conteste liée à celle du Mali Indépendant dans les années 1960. Boubacar Traoré dit Kar Kar fait partie de ces musiciens qui n’ont pas bénéficié au début de leur carrière musicale des redevances payées aux musiciens. Ce qui malgré son succès, l’a longtemps maintenu dans une certaine précarité. Aujourd’hui, il vit pleinement de son art. Boubacar Traoré est notre Jazzman du jour.Kar kar

Emigré en France et tombé dans l’oublie après le renversement de Modibo Keita du pouvoir en 1968 et la mort de sa femme en couche en 1989, Boubacar Traoré ne doit son retour sur scène qu’à un producteur britannique qui découvre une bande de ses enregistrements radio à Bamako. Ce dernier se met à sa recherche en France et lui fait enregistrer son premier album Mariama, sorti en 1990. C’est la concrétisation d’une œuvre musicale restée en léthargie durant des décennies et le début d’un succès international  pour Kar Kar.

 De sa musque teintée d’une notre de blues, Boubacar Traoré a bercé toute une génération et continue de faire revivre à travers sa voix inoxydable, sa seule guitare et sa calebasse (seuls instruments sur scène) les moments intenses de la musique malienne du temps des indépendances.  Il a à ce jour sept albums à son actif dont le dernier Mali Denhou est sorti en 2010.

Boubacar Traoré a fait l’objet en 2001 d’un film documentaire intitulé je chanterai pour toi réalisé par  Jacques Sarasin et quatre ans plus tard, d’un livre Mali Bluesde Lieve Joris qui écrit: “Boubacar Traoré est un de ces hommes solides qui reflètent l’histoire d’un pays, les espoirs et les désespoirs d’un peuple. Quelle grâce qu’il ait gardé sa voix, et qu’une chanson comme “Soundiata”, qui a fait rêver toute une génération, soit enfin enregistrée. Quelle chance de retrouver cet enfant de l’indépendance malienne muri et, malgré toutes ses mésaventures, proche des petits plaisirs de la vie. Pas de Mercedes ni de villa aux lustres dorés pour ce bluesman malien, mais une mobylette et une concession dans les collines de Bamako où il vit avec les enfants de Pierrette et où, le soir, il prend sa guitare et chante sur le monde qui l’entoure.” 

Kpénahi Traoré