Mort de Habib Faye : Ce que les artistes de Jazz à Ouaga ont sur le cœur


Le festival Jazz à Ouaga a rendu un vibrant hommage à Habib Faye le 3 mai dernier. Mais nous n’avons pas voulu nous arrêter en si bon chemin. Nous avons donc arraché quelques mots à un certain nombre d’artistes qui ont presté sur notre scène et qui connaissaient de loin ou de près Habib Faye.

 

Achille Ouattara (bassiste burkinabè)

 

Habib Faye, c’était un super bassiste et Youssou N’Dour lui doit beaucoup. J’ai écouté son album et harmoniquement, ça déchirait : c’est un musicien complet. Malheureusement je n’ai pas eu l’honneur de le rencontrer personnellement parce que c’est Ablozon qui devait nous présenter, mais lui il l’a précédé. Et l’an dernier, Habib Faye a joué à Jazz à Ouaga mais moi j’étais en tournée. Du coup, l’occasion ne s’est pas présentée. Je cherchais vraiment à le rencontrer et j’étais persuadé que sur une scène on se serait rencontré quelque part dans le monde. C’est une triste nouvelle, son décès.  J’ai des regrets de ne l’avoir jamais rencontré.

 

 

Petit Solo Diabaté (de Sabwana Orchestra)

 

Ce soir, c’est une soirée d’hommage à un grand bassiste, un grand maestro, de l’Afrique et du monde. Vraiment, je pense qu’il mérite cet hommage au regard de toutes ses œuvres. Il a fait notre fierté, nous les jeunes artistes ; il a été la fierté de l’Afrique. D’une part je suis aussi heureux parce que j’ai eu la chance de voir ce qu’il a fait pour l’Afrique,           ainsi que la force et l’énergie qu’il a données pour mettre ce beau continent en valeur. Mais d’autre part, je suis triste parce qu’il est parti très tôt. Tout ce que je peux souhaiter est que Dieu l’accueille dans son royaume. Que son âme repose en paix !

 

 

Moïse Ouattara (batteur burkinabè)

 

Habib Faye, je ne l’ai pas connu personnellement mais je le suivais de loin. C’est un aîné qui a poussé la musique à un niveau très élevé. Il a nourri l’espoir des musiciens en général et des bassistes en particulier. Il a montré qu’on pouvait faire carrière avec cet instrument (Ndlr : la basse). Il a beaucoup apporté à la jeunesse et c’est une grande perte pour nous. On vient de perdre une étoile qui allait nous hisser très loin et éclairer les musiciens, les bassistes, surtout d’Afrique de l’Ouest. Mais tout ce qu’on pouvait faire ce soir, c’est jouer à son honneur et on l’a fait. J’ai joué avec 4 bassistes sur la scène tout à l’heure. C’est notre manière de le remercier pour tout ce qu’il a fait.

 

 

Paméla Badiogo (artiste afro-Jazz d’origine gabonaise résidant au Mali)

 

C’est un grand plaisir pour moi d’assister à ce grand hommage à l’endroit de Habib Faye. C’était un super bassiste avec qui j’ai Djamé en avril 2017 à Dakar en rentrant d’un concert au Cap Vert. C’est très émouvant de voir la mobislisation de tout le monde et surtout ces bassistes qui se sont réunis pour, d’une seule voix lui dire au revoir. Je rappelle que c’est un grand bassiste qui vient de nous quitter. C’est vraiment triste pour l’Afrique, mais on espère désormais qu’il repose en paix où il est.